Trump lâche-t-il Zelensky ? La semaine de rupture

Trump lâche-t-il Zelensky ? La semaine de rupture

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En six jours, Donald Trump a scellé un accord sur le diesel avec Vladimir Poutine, demandé à l’Ukraine de changer de président, et vu l’armée ukrainienne perdre du débit sur Starshield. Volodymyr Zelensky parle de trahison. Les faits donnent déjà de quoi comprendre pourquoi.

Trump annonce sur Truth Social un accord avec Poutine. La Russie fournirait du diesel au marché américain et mondial : plus de 300 000 tonnes tout de suite, 500 000 en novembre, un million ensuite, puis trois millions de plus selon l’état de ses raffineries. Washington desserre pour cela une partie des sanctions.

L’objectif est électoral. Les élections de mi-mandat tombent début novembre, et le président veut des prix plus bas à la pompe. Petite ironie du calendrier : il avait signé le mois dernier une loi qui visait justement les revenus pétroliers russes.

Zelensky réagit aussitôt. Il juge la décision faible et indigne, y voit un « cadeau d’anniversaire » à Poutine, et dit qu’elle s’est négociée dans son dos. Un responsable américain cité par Axios répond que Trump a agi après six demandes ignorées : Kiev n’a pas arrêté de frapper les raffineries russes. Ces frappes ont fait grimper le diesel dans le monde et poussé Moscou à interdire ses exportations.

Samedi 10 octobre : « un nouveau président »

Le lendemain, Trump enfonce le clou. D’après lui, Zelensky aurait pu régler la guerre à de nombreuses reprises et refuse de le faire. Il lui reproche aussi la hausse du diesel aux États-Unis. Puis vient la phrase qui a fait le tour des rédactions :

« Il est temps que l’Ukraine ait un nouveau président. »

Dimanche, Zelensky répond sur ABC News. Choisir un dirigeant, dit-il avec respect pour Trump, appartient aux Ukrainiens. Il pose une condition : des élections, oui, si la Russie accepte 60 jours de cessez-le-feu total. À Washington de convaincre Poutine. Le droit ukrainien interdit de toute façon une présidentielle tant que la loi martiale est en vigueur.

Mercredi 14 octobre : Starshield bridé

Kiev signale des restrictions sur Starshield, la version militaire de Starlink, sans avoir été prévenue. Un responsable de la Défense ukrainienne affirme que des missions critiques ont été perturbées. Un détail compte : le réseau n’a pas été coupé. Sa vitesse a été limitée, puis les restrictions se sont relâchées dans la journée, sans disparaître.

Elon Musk renvoie la balle à Washington. Starshield appartient au gouvernement américain, écrit-il, et toute limite est fixée par l’armée américaine puis, en dernier ressort, par le président. Quelques jours plus tôt, le même Musk jugeait que Zelensky était « allé trop loin ». Nous n’avons trouvé aucune confirmation de la Maison-Blanche.

Face à Piers Morgan, Zelensky se dit trahi et prévient que des gens vont mourir. Selon son décompte, la Russie a profité de la panne avec 124 drones dans la nuit, puis 145 en journée. L’analyste George Barros, de l’Institut pour l’étude de la guerre, estime que la mesure pénalise la frappe à moyenne portée, un moteur de l’élan récent de l’armée ukrainienne.

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