L’assassinat du Président Moïse le 7 juillet 2021, en valait-il la peine ?

Buzz the Magazine Éditorial

Le 7 juillet 2021 restera à jamais gravé dans la mémoire collective des Haïtiens. Cette nuit-là, le Président Jovenel Moïse était assassiné dans sa résidence privée de Pèlerin 5 par un commando lourdement armé. Son épouse, Martine Moïse, était grièvement blessée. En quelques minutes, Haïti basculait dans l’une des plus graves crises de son histoire contemporaine.

Quelques heures après le drame, le Premier ministre par intérim Claude Joseph tenta de rassurer la population en déclarant que « la situation est sous contrôle », tout en annonçant l’état de siège et en appelant les Haïtiens au calme.

Cinq ans plus tard, cette déclaration résonne avec une force particulière.

L’assassinat du Président Moïse en valait-il réellement la peine ?

Cette interrogation ne cherche ni à réécrire l’histoire ni à réhabiliter un homme politique. Elle invite plutôt à examiner objectivement les conséquences de cet événement majeur sur la vie de la nation.

Une stabilité qui n’est jamais revenue

Depuis le 7 juillet 2021, plusieurs gouvernements et plusieurs formules de transition se sont succédé.

Claude Joseph a assuré l’intérim avant de céder le pouvoir à Ariel Henry. Après le départ de ce dernier, un Conseil présidentiel de transition a été installé avec pour mission de restaurer l’ordre constitutionnel, de rétablir la sécurité et d’organiser des élections. Garry Conille puis Alix Didier Fils-Aimé ont ensuite dirigé le gouvernement.

À chaque changement, les mêmes engagements ont été pris : combattre les groupes armés, rétablir l’autorité de l’État, relancer les institutions démocratiques et conduire le pays vers des élections.

Pourtant, cinq ans après, le constat demeure préoccupant.

  • La crise sécuritaire persiste.
  • Les institutions restent fragilisées.
  • Les élections promises ont été plusieurs fois reportées.
  • La population continue de vivre dans un climat d’incertitude.

Une justice toujours en quête de réponses

L’assassinat d’un Président de la République constitue l’un des crimes les plus graves qu’un État puisse connaître.

Pourtant, malgré l’importance du dossier, la justice haïtienne n’a toujours pas rendu de décision définitive établissant l’ensemble des responsabilités dans cette affaire.

À l’international, plusieurs accusés ont été poursuivis et certains ont plaidé coupable ou ont été condamnés. Toutefois, de nombreuses questions demeurent quant aux commanditaires, aux motivations et à l’ensemble de la chaîne décisionnelle ayant conduit à cet assassinat.

Les failles révélées par le 7 juillet

Au-delà du drame humain, le 7 juillet 2021 a exposé les profondes vulnérabilités de l’État haïtien.

  • Une justice incapable, jusqu’à présent, d’apporter toutes les réponses attendues.
  • Une coopération internationale qui n’a pas encore permis d’établir toute la vérité.
  • Des institutions fragilisées.
  • Un système de sécurité dont les limites sont apparues au grand jour.

Si le Président de la République, censé bénéficier du plus haut niveau de protection du pays, a pu être assassiné dans sa propre résidence, une question fondamentale demeure :

« Si le chef de l’État n’a pas pu être protégé, qu’en est-il du simple citoyen ? »

Cette interrogation résume l’une des principales préoccupations des Haïtiens depuis cinq ans.

Une opposition face à ses responsabilités

Avant le 7 juillet 2021, plusieurs organisations politiques et de la société civile réclamaient le départ du Président Jovenel Moïse. Parmi les figures les plus visibles figurait André Michel.

Depuis l’assassinat du Président, plusieurs observateurs et une partie de l’opinion publique estiment que certains anciens leaders de l’opposition ont perdu leur rôle de contre-pouvoir ou n’exercent plus la même pression sur les autorités successives. D’autres contestent cette lecture et considèrent que les responsabilités de la crise sont partagées.

Une leçon pour la classe politique

Les faits invitent à une réflexion profonde.

  • Changer de dirigeants ne suffit pas.
  • Multiplier les gouvernements de transition ne garantit pas la stabilité.
  • Les institutions restent au cœur de la solution.
  • La sécurité demeure le premier défi national.

Cinq ans après les événements, Haïti cherche toujours la stabilité, la sécurité, la justice et des institutions capables de répondre aux attentes de la population.

L’Histoire jugera les responsabilités individuelles. Mais elle retiendra également que l’assassinat d’un Président n’a pas, à lui seul, résolu les problèmes structurels du pays.

« Qu’a réellement gagné Haïti depuis le 7 juillet 2021 ? »

C’est une question à laquelle chaque lecteur répondra selon son analyse des faits. Une chose demeure cependant incontestable : le 7 juillet 2021 a profondément transformé l’histoire contemporaine d’Haïti et continue d’interpeller la conscience nationale.

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