En 1976, la momie du légendaire pharaon Ramsès II a dû être munie d’un passeport égyptien pour pouvoir s’envoler vers la France, où l’attendaient des soins de conservation cruciaux. Ce fait insolite, véridique, révèle l’incroyable hommage rendu par la France à ce souverain de l’Antiquité, accueilli avec les honneurs d’un chef d’État en exercice.
En 1974, puis en 1976 pour son départ effectif, les conservateurs du musée du Caire s’inquiètent de l’état de la momie de Ramsès II, l’un des pharaons les plus puissants de l’Égypte ancienne. La dépouille, vieille de plus de 3000 ans, était gravement menacée par une infection fongique. La meilleure équipe d’experts pour la restauration se trouvait alors à Paris.
Le transfert de cette relique inestimable vers la France pour des soins spécialisés était indispensable. Cependant, pour franchir les frontières internationales, même la dépouille d’un monarque défunt depuis des millénaires ne pouvait échapper aux règles de la bureaucratie moderne.
Un document officiel pour le “Roi (décédé)”
Les autorités égyptiennes ont donc délivré un véritable passeport au pharaon. Ce document d’identité, nécessaire pour l’entrée sur le territoire français, mentionnait la profession du titulaire avec une note des plus singulières : “Roi (décédé)”. Une anecdote qui souligne l’étrange rencontre entre l’éternité des pharaons et les exigences administratives contemporaines.
Un accueil royal pour Ramsès II sur le tarmac français
À son arrivée à l’aéroport du Bourget, près de Paris, le protocole français a réservé un accueil exceptionnel à la momie. Loin d’une simple cargaison scientifique, Ramsès II a été reçu avec les honneurs dus à la royauté et à un chef d’État étranger.
Une garde républicaine était présente, au garde-à-vous, pour saluer l’arrivée de la dépouille transportée par un avion militaire spécial. Ce geste spectaculaire témoignait du respect profond de la France pour la figure de Ramsès le Grand et pour l’immense héritage culturel qu’il représente. La momie fut ensuite transportée au Musée de l’Homme pour une restauration qui dura plusieurs mois.
Un pont entre les époques
L’histoire du passeport de Ramsès II, véridique et largement relayée, est bien plus qu’une simple curiosité historique. Elle illustre la puissance durable de certaines figures historiques et la manière dont les civilisations modernes continuent de dialoguer avec le passé lointain.
Ce faste protocolaire pour une dépouille vieille de trois millénaires en dit long sur le poids de la civilisation égyptienne dans l’imaginaire mondial. En s’inclinant devant le « Roi (décédé) », la France reconnaissait implicitement une forme de souveraineté éternelle.
Alors que dans nos sociétés modernes, l’obtention d’un simple document d’identité ou d’un passeport peut s’avérer un parcours du combattant, particulièrement en Haïti, l’histoire de Ramsès II apporte un sourire teinté d’amusement et d’ironie. Si un pharaon, après 3000 ans, a pu se plier à la bureaucratie pour traverser les frontières, cela rappelle que les règles administratives sont une constante humaine, parfois plus rigides que le temps lui-même.
C’est aussi un hommage vibrant à la capacité de l’humanité à honorer son histoire, même face à l’absurdité apparente de devoir délivrer un passeport à une momie. Un roi qui a refusé de tomber dans l’oubli a été, une fois de plus, salué comme un grand homme d’État, prouvant que le véritable pouvoir peut survivre bien au-delà de la mort.

