Les débuts d’un prodige
Né en 1981, fils du célèbre chanteur Lionel Benjamin, connu pour le classique Abdenwèl, Mikaben grandit dans un univers où la musique est une seconde langue. C’est en 1999, lors du Konkou Chante Nwèl de Télémax, qu’il se révèle avec Nwèl Tristès. Ce titre, devenu un incontournable des fêtes de fin d’année, marque le début de sa légende. « Yon 24 desanm… », fredonné par des générations, illustre son don pour toucher les cœurs.
Son premier album, Vwayaj (2001), porté par le succès de Ou Pati Kite Mwen, attire l’attention du producteur Fabrice Rouzier. Intégré au projet Haiti Troubadour, Mikaben s’impose rapidement sur la scène internationale, des Antilles à l’Europe. Ce même titre, repris lors de sa dernière performance, scelle sa carrière comme un symbole poignant.
Mikaben : Un artiste aux mille talents
Chanteur, compositeur, producteur et multi-instrumentiste, Mikaben maîtrisait la guitare, le clavier, la basse et le tambour. Après son deuxième album Mika (2004), qui lui ouvre les portes des Francofolies de Montréal, il cofonde en 2005 le groupe Krezi Mizik avec son cousin David Dupoux, explorant le compas avec brio. En parallèle, il enchante son public avec MikaBen et ses amis, un concept de performances solo conviviales.
En 2009, il se consacre à sa carrière solo, enchaînant les succès. En 2016, son duo avec JPerry sur Ti Pam Nan lui vaut un contrat avec Warner Music France, une consécration internationale. Son quatrième album, MKBN (2018), avec des collaborations prestigieuses comme Elephant Man, célèbre Haïti à travers Ayiti Se, un vibrant hommage à la culture et à la beauté de son pays. Lors d’un concert mémorable à l’hôtel El Rancho en juin 2018, entouré d’artistes comme BélO et Richard Cavé, il présente cet album avec une énergie communicative.
Un ambassadeur de la culture caribéenne
En 2015, Mikaben prête sa voix à Nou Se Caribbean, l’hymne de Carifesta XII, aux côtés de JPerry et Rutshelle Guillaume. Cet événement, organisé en Haïti, célèbre la fraternité des peuples caribéens à travers l’art. Mikaben, par ses collaborations avec CaRiMi sur des titres comme Fanm Sa Move ou Baby I Miss You, incarne cette fusion entre tradition et modernité, entre racines haïtiennes et sonorités universelles.
Sa sortie posthume, Ann Chante Pou Ayiti (2022), résonne comme un testament. Dans ce morceau, il chante : « Mwen swete n pran konsyans richès nou pou n pa gaspiye », un appel à l’unité face aux crises qui secouent Haïti. « Cette musique vise à inspirer un changement positif », indiquent les réseaux officiels de l’artiste, rappelant son engagement indéfectible pour son peuple.
Un héritage qui transcende la perte
Trois ans après sa disparition, Mikaben reste une source d’inspiration. Sa musique, mêlant compas, pop et influences caribéennes, continue de faire vibrer les cœurs. Son amour pour Haïti, exprimé dans chaque note, invite à réfléchir : comment perpétuer son rêve d’une nation unie et prospère ? En cette période de défis pour Haïti, sa voix posthume dans Ann Chante Pou Ayiti nous rappelle que l’espoir peut renaître, même dans l’adversité. À nous de faire vivre son message, en chantant, comme lui, pour un avenir meilleur.
A LIRE AUSSI : In memoriam : Robert « Boby » Denis, figure majeure du multimedia en Haïti

