Une rupture aux multiples facettes
Wid avait initialement annoncé son départ de Biggy Records de manière professionnelle, mais une seconde publication Instagram a envenimé les choses. Nephtalie Hyacinthe a clarifié que des pages sur les réseaux sociaux, jugées « fausses » par Wid, ont commenté des événements internes au label, exposant des détails qui auraient dû rester confidentiels. Cette intrusion dans ce qui était censé être une « affaire de famille » a exacerbé les tensions.
Pire encore, Mme Hyacinthe a pointé du doigt des incohérences dans la gestion financière du label. Parmi les dettes attribuées à Wid figurent des dépenses jugées « insensées », comme une facture de 141 $ pour du fast-food chez McDonald’s, alors que, selon elle, Wid ne consomme pas ce type de nourriture. De plus, le styliste du label imposait à Wid des vêtements de marque pour ses clips et apparitions publiques, malgré la préférence de l’artiste pour la simplicité, ce qui a créé des frictions supplémentaires.
Le silence de Biggy et les accusations en coulisses
Louco Désir, animateur vedette de Konpa Trafik, a tenté d’obtenir la version de Biggy, le PDG de Biggy Records. Ce dernier, suivant les conseils de son avocat basé au Canada, a refusé de s’exprimer publiquement, tout ce qu’il souhaite c’est de trouver un terrain d’entente avec Wid concernant le remboursement des dépenses et investissements du label. Cependant, des rumeurs persistantes, relayées par Billy Look, autre intervenant de du show, laissent entendre que Biggy Records envisagerait des mesures extrêmes, allant jusqu’à plaisanter sur un recours à des pratiques traditionnelles à Anse-à-Foleur pour régler le différend.
Un autre point de friction concerne la tentative du label de retirer le dernier album solo de Wid, des plateformes de streaming, une action que Biggy Records a qualifiée d’« erreur technique ». Cette explication n’a convaincu ni les fans ni les observateurs, qui y voient une tentative de pression sur l’artiste.
Une industrie en quête de professionnalisme
Ce n’est pas la première fois que l’industrie musicale haïtienne est confrontée à des ruptures de contrat brutales. Les cas de Danola et Anie Alerte, parmi d’autres, ont déjà mis en lumière les failles dans la gestion des relations entre artistes et labels. L’affaire Wid-Biggy Records s’inscrit dans cette lignée, révélant des problèmes récurrents : manque de transparence dans les contrats, confusion entre relations professionnelles et personnelles, et absence de mécanismes clairs pour résoudre les conflits.
Nephtalie Hyacinthe, qui se décrit comme une confidente et conseillère des artistes du label, déplore que l’affaire ait pris une telle tournure. Elle insiste sur le fait que Biggy Records n’a jamais souhaité le départ de Wid, évoquant même un « contrat à vie ». Cependant, les divergences financières et les publications publiques ont transformé ce qui aurait pu être une séparation à l’amiable en un spectacle médiatique.
Un appel à la réforme
Cette saga met en lumière la nécessité d’une réforme dans la gestion des contrats au sein de l’industrie musicale haïtienne. Les managers et producteurs doivent se former aux pratiques professionnelles pour éviter que des différends ne ternissent l’image du secteur. Comme le souligne de nombreux acteurs du système, ces conflits à couteaux tirés nuisent non seulement aux parties impliquées, mais aussi à la réputation de l’industrie dans son ensemble.
En attendant, les fans de Wid, qui continuent de soutenir sa carrière solo marquée par des projets comme STARBOY et ses initiatives philanthropiques, espèrent une résolution rapide et équitable. Quant à Biggy Records, le label devra clarifier sa position et prouver que ses pratiques peuvent s’aligner sur les standards d’une industrie musicale moderne et transparente.
Pour l’heure, une chose est certaine : dans cette « famille » musicale, les linges sales ne se lavent plus en privé. Ils s’étendent désormais sur la place publique, sous le regard attentif des fans et des médias.

