Alix Didier Fils-Aimé à l’ONU : diplomatie de façade ou dernière carte à jouer ?

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Le 20 septembre 2026, Alix Didier Fils-Aimé a quitté Port-au-Prince pour New York, direction la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Au programme : plaider pour un renforcement de la sécurité et demander un appui international pour organiser des élections avant la fin de l’année. Un déplacement classique, sur le papier. Sauf qu’à Haïti, en ce moment, rien n’est vraiment classique.

Car derrière le protocole et les formules bien rodées des tribunes internationales, une question s’impose : à quoi bon plaider à l’étranger quand la situation intérieure frôle le point de rupture ?

Une feuille de route qui craque de partout

Le mandat du Premier ministre était clair au départ : reprendre le terrain aux groupes armés, restaurer l’autorité de l’État, ouvrir la voie vers un retour à l’ordre constitutionnel. Un an plus tard, le constat est sévère.

Sur le plan sécuritaire, les annonces se succèdent mais la réalité, elle, ne bouge pas. Des familles continuent de fuir leurs quartiers, l’économie tourne au ralenti, et le pays reste suspendu à des appuis extérieurs qui ne s’articulent avec aucune stratégie nationale claire. Le gouvernement peine à démontrer qu’il pilote quoi que ce soit de souverain sur ce dossier.

Côté élections, le calendrier de décembre 2026 relève, pour beaucoup d’observateurs, du vœu pieux plus que du plan concret. Un appareil électoral contesté, des décrets qui font débat juridique, et des zones entières du territoire sous contrôle des gangs où voter tient de l’impossible : difficile, dans ces conditions, de prendre l’annonce au sérieux.

Quand la diplomatie devient un écran

À New York, l’agenda est chargé : rencontres bilatérales, échanges avec la diaspora, réunions multilatérales. Mais cette activité ne suffit pas à masquer ce qui coince à la maison.

La confiance s’érode, mois après mois, à mesure que les promesses sécuritaires restent lettre morte. Et les partenaires internationaux, eux aussi, commencent à se lasser des appels à la solidarité quand rien ne bouge sur les réformes, la transparence financière ou la lutte contre la corruption.

Une transition qui cherche encore son cap

Demander de l’aide à la communauté internationale, c’est normal en diplomatie. Y substituer une gouvernance sérieuse à la maison, c’est autre chose. Le voyage d’Alix Didier Fils-Aimé à l’ONU risque de rejoindre une longue liste de déclarations qui n’ont pas eu de suite.

Pour que la voix d’Haïti porte vraiment sur la scène internationale, l’exécutif devra cesser de chercher au-dehors ce qu’il n’arrive pas à construire chez lui. Sans avancées concrètes sur la sécurité et sans un vrai consensus politique national, les discours new-yorkais continueront de sonner creux face à l’urgence du pays.

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