Joseph Félix Badio et les mercenaires colombiens extradés vers les États-Unis

Joseph Félix Badio et les mercenaires colombiens extradés vers les États-Unis

Actualités/Politique Buzz the Magazine

Cinq ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, Haïti transfère aux autorités américaines, Joseph Félix Badio, l’un des suspects les plus recherchés du dossier.

Le gouvernement haïtien a autorisé, ce dimanche 20 septembre 2026, l’extradition de Joseph Félix Badio et d’un groupe de 17 mercenaires colombiens vers les États-Unis. Les suspects, tous inculpés dans l’enquête sur l’assassinat du chef de l’État survenu le 7 juillet 2021, ont été acheminés vers l’aéroport international du Cap-Haïtien, où un avion américain les attendait.

Une opération sous haute sécurité

Le transfert n’a rien eu d’une formalité discrète. Selon des informations relayées par plusieurs médias haïtiens, la police nationale a mobilisé ses unités les plus spécialisées pour l’occasion : la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), le SWAT, ainsi que le groupe Épines de l’administration pénitentiaire ont escorté les détenus jusqu’à leur départ.

Le ministère de la Justice et de la Sécurité publique a justifié la décision en invoquant les mécanismes d’extradition prévus entre Haïti et les États-Unis, précisant que la remise des suspects répondait à une demande formelle des autorités américaines.

Un feuilleton judiciaire jusqu’au bout

L’affaire n’a pas manqué de rebondissements avant même que l’avion ne décolle. Plus tôt dans la journée, l’avocat de Joseph Félix Badio, Me Jonas Merzilus, avait publiquement nié tout transfert imminent de son client, pendant que Me Nathalie Délisca, avocate des mercenaires colombiens, confirmait de son côté que ses clients se trouvaient déjà à la Direction centrale de la police judiciaire pour finaliser la procédure. Ce n’est qu’au terme de la journée que plusieurs sources gouvernementales et des médias comme Le Nouvelliste et Juno7 ont confirmé que le départ avait bien eu lieu.

Considéré depuis des années comme l’un des personnages centraux du dossier, Badio a toujours nié toute implication directe dans l’assassinat. Ancien responsable de l’unité anticorruption haïtienne, limogé quelques mois avant le meurtre, il était en cavale pendant plus de deux ans avant son arrestation à Pétion-Ville en 2023, interpellé alors qu’il faisait ses courses dans un supermarché.

Un calendrier judiciaire qui s’accélère à Miami

Ce transfert intervient à un moment stratégique. Le procès de Christian Emmanuel Sanon doit s’ouvrir le 28 septembre devant le tribunal fédéral de Miami, sous la présidence de la juge Jacqueline Becerra. Cinquante-sept témoins sont attendus à la barre, parmi lesquels l’ancienne première dame Martine Moïse, sa fille Jomarlie Moïse, ainsi que Joseph Vincent et l’ex-sénateur John Joël Joseph.

L’arrivée de Badio et des mercenaires colombiens sur le sol américain pourrait peser sur la suite de la procédure. Les enquêteurs américains reprochent à plusieurs prévenus d’avoir recruté un commando colombien pour tenter d’écarter Moïse du pouvoir, avec en toile de fond des ambitions politiques et de lucratifs contrats d’infrastructure. Or, un élément troublant avait déjà été soulevé lors d’une précédente audience : aucun agent fédéral n’avait jamais interrogé Badio malgré son rôle central présumé dans l’affaire.

Cinq ans après le drame, ce transfert marque un tournant. Il ne clôt pas le dossier, mais il en déplace le centre de gravité : de Port-au-Prince vers Miami, là où se joue désormais la partie la plus décisive de cette enquête.

Abonnez-vous à la newsletter de Buzz the Magazine !

Nous n’envoyons pas de messages indésirables ! Lisez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *