Il y a une date qui, avec le recul, ressemble presque trop à une frontière. Décembre 2017 : Cristiano Ronaldo lève son cinquième Ballon d’Or au sommet de la Tour Eiffel. Trois mois plus tard, en mars 2018, l’IFAB entérine l’arrivée du VAR dans les règles du jeu. La technologie débarque en Russie dès l’été suivant, puis s’installe durablement dans les grands championnats et en Ligue des champions.
Depuis, plus rien. Aucun Ballon d’Or pour le Portugais.
Sur le papier, ça pourrait n’être qu’une statistique parmi tant d’autres. Sauf que le palmarès qui suit a de quoi nourrir les théories les plus tenaces :
| Année | Lauréat | Club |
|---|---|---|
| 2018 | Luka Modrić | Real Madrid |
| 2019 | Lionel Messi | FC Barcelone |
| 2020 | — (édition annulée, Covid) | — |
| 2021 | Lionel Messi | Paris Saint-Germain |
| 2022 | Karim Benzema | Real Madrid |
| 2023 | Lionel Messi | Inter Miami / PSG |
| 2024 | Rodri | Manchester City |
| 2025 | Ousmane Dembélé | Paris Saint-Germain |
Huit éditions, zéro Ronaldo. Même les années où il continuait de marquer à un rythme industriel — à la Juventus, puis à Al-Nassr — le trophée lui a systématiquement filé entre les doigts.
Alors, hasard du calendrier ou vrai changement de paradigme ? Le VAR, en cassant les buts litigieux, les hors-jeu millimétrés et les penaltys généreux, a-t-il justement rogné ce qui faisait la force de Ronaldo : sa capacité à transformer chaque situation limite en action décisive ? Certains observateurs y voient un symbole plus qu’une preuve. D’autres rappellent que Cristiano Ronaldo a aussi quitté le Real Madrid cet été-là pour Turin, changeant au passage de vitrine et d’exposition.
Reste que la coïncidence, elle, ne s’efface pas des tableaux statistiques. Et tant qu’aucun Ballon d’Or ne viendra la contredire, elle continuera de planer sur l’histoire de l’un des plus grands joueurs de sa génération.

