Animatrice culturelle, autrice et femme d’affaires, Varda Étienne est surtout devenue une figure inspirante au Québec en brisant le silence sur les troubles de santé mentale. Une voix forte, d’ascendance haïtienne, qui refuse les faux-semblants.
Née à Montréal de parents originaires d’Haïti, Varda Étienne s’est imposée très tôt dans le paysage médiatique québécois. Après des débuts remarqués comme VJ à la chaîne musicale MusiquePlus dans les années 90, elle a multiplié les rôles d’animatrice et de chroniqueuse à la télévision et à la radio, touchant à la culture, au divertissement, et aux sujets de société. Son surnom de “Diva de Brossard” (du nom de sa ville de résidence) résume bien cette aura excentrique, assumée et “larger than life”.
Au-delà des plateaux, Varda Étienne a développé d’autres cordes à son arc. Elle est autrice de plusieurs ouvrages, dont l’autobiographie retentissante Maudite folle (2009), qui a connu un grand succès en librairie. Plus récemment, elle a marqué l’imaginaire collectif en étant candidate de la première saison de la télé-réalité Big Brother Célébrités au Québec, une participation qui a prouvé à la fois sa résilience et son impact sur le public.
L’engagement sans filtre pour la santé mentale
Ce qui définit l’impact de Varda Étienne aujourd’hui, c’est son courageux engagement pour la démystification des troubles de santé mentale. Atteinte de trouble bipolaire et de trouble de la personnalité limite (TPL), elle a été l’une des premières personnalités publiques francophones du Québec à parler ouvertement de sa condition, sans fard ni honte.
En partageant son vécu, ses hospitalisations et son combat quotidien, elle a transformé son expérience personnelle en une véritable mission sociale. Ses conférences et interventions médiatiques offrent une plateforme essentielle pour briser les tabous et le stigma qui entourent ces maladies. Elle met notamment en lumière l’importance du traitement, de la médication, et de la thérapie pour mener une vie équilibrée. Elle a d’ailleurs piloté le documentaire Les enfants invisibles, donnant la parole aux enfants de parents aux prises avec une maladie mentale, un angle souvent oublié dans le débat.
Une inspiration afro-québécoise
Dans un contexte où les modèles de femmes racisées, assumées et sans compromis sont encore trop rares dans les médias grand public, Varda Étienne représente une source d’inspiration majeure. Elle est une fière Afro-Québécoise qui, en plus de son combat personnel, n’hésite pas à aborder d’autres enjeux de société, dont l’antiracisme et l’acceptation de la diversité.
Son parcours montre une résilience à toute épreuve : celle d’une femme qui a su naviguer entre les feux de la rampe, les turbulences de la maladie, et les responsabilités de la maternité. Elle incarne le fait que la vulnérabilité peut être une force, et que l’authenticité est la clé d’une connexion profonde avec son public.
Un appel à l’acceptation
Varda Étienne continue d’écrire, d’animer et de s’impliquer, prouvant que l’on peut vivre et s’épanouir malgré la maladie. En assumant ses « hauts et ses bas », elle rappelle à tous l’importance de l’auto-compassion et de la persévérance. Pour ses lecteurs et admirateurs, elle n’est plus seulement une animatrice extravagante ; elle est devenue un phare qui encourage à l’acceptation de soi et à la bienveillance envers ceux qui luttent en silence. Son histoire est un plaidoyer vibrant : celui que même dans la fragilité, il y a une force inébranlable.

